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ijtima3i

EXTERMINATOR
7 mars 2016|Dar taqafa

EXTERMINATOR

Plus de 10 ans depuis la sortie de son court métrage extraterrestre du « quotidien des automates » Abdelghani Raoui is back ! Il était temps de sauver le paysage cinématographique algérien, trop cantonné dans son hyper-réalisme dentelé et nauséeux… D’autant plus que les adeptes de Cinéma de genre peuvent être heureux car depuis « Al Djaziza » D’amine Sidi-Boumedienne, nous n’avions quasiment pas rencontré de film, court ou long évoluant ou usant des codes de la science fiction, ou du genre fantastique, mais à voir Exterminator, le nouveau film d’Abdelghani, On se dit que le genre à de beaux jours devant lui malgré les restrictions budjétaires plombantes et le manque de perspectives ainsi que d’audace chez nos producteurs et autres distributeurs…

Abdelghani nous revient donc de loin, si ce n’est qu’il produisait incessemment sur et pour Youtoube à travers ses réalisations très courtes, avec des épisodes surréalistes et pour le moins déroutants (Anal plus) de sa vision d’une Algérie complétement inhibée. Exterminator débarque finalement sur nos petits écrans youtube et sur les plus grands pour la joie des afficionados du genre et de l’auteur qui su apporté de l’energie et surtout une pompe d’extincteur nouvelle genération.

On Sait d’emblée d’Abdelghani qu’il s’inspire de musique (Clips et son), notamment de musique industrielle, electro et sombre assez souvent à l’exemple d’Aphex twin et leur fameux clip Rubber Johnny de Chris Cunningham  ou encore des sonorités underground anglosaxone tel que le « Trip hop » avec Massive Attack et c’est avec un remix de ce dernier que

les habitants de la capitale se sont vus révéiller à coups de moubid verdâtres projetés par une pompe futuriste.

Le film nous plonge dans les rues d’Alger de notre époque à bord d’une somptueuse antiquité « ?«  abritant deux agents armés de leur dératisateurs qui sillonnent la ville en projetant à l’aide d’un haut parleur une bande son puissante, contrebalancant entre massive attack et Chikh Amimer Al Zahi.

Nos deux agents en noirs ou plutôt nos deux héros nationaux d’un temps inconnu font une escapade chez les gens pendant qu’ils dorment ou pendant qu’il se balladent pour dératiser leurs tronche à coups de fumée verte, en tentant de supprimer leurs mensonges douillets surlesquelles ils s’émoussent en éveillant chez eux tous les souvenirs qu’ils ont refoulé de leur passé et de la décénnie noire, un rappel à l’ordre, exterminant ainsi toute trace de déni et d’oubli.

Un coup de maître au budjet extremement réduit, Mais ça n’a pas empéché Abdelghani Ghaoui, véritable passionné, de nous offrir une œuvre honnête, cinglante et subversive par le moyen d’un dératisateur d’insectes, rappelant par moment, une adaptation kafkaienne de la « métamorphose » notamment avec la transformation de l’un des personnages dératisé, en gros cafard.

A noter également la présence sulfureuse de Moh Al Gebab qui montre son zgeg, probablement en signe d’approbation pour ce grand projet d’éveil.

Poudre d’intelligence ou fumée de réminescence à base des souvenirs de la légende noire, dans cet âge du grand sommeil des sens auxquels ont succombé tous les Algériens. Il nous manquait des héros pour pourfondre toute cette amosphère soporifique et malsaine. Un moyen assurement plus efficace que les tenailles qui immobilisent la rétine face aux grandes projections de guerres et de violence dans Orange mécanique de Staneley Kubrik…

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Moul el Bache